mercredi 21 novembre 2012

21 novembre 2012

Ce message est plus particulièrement destiné à l'ami Mickaël qui adore jouer et qui semble s'impatienter. Tout vient à point à qui sait attendre ...

Question du jour : Quelle est la particularité de cette date ?

Réponse à une question parue dans le message du  22 septembre 2012 :

Comment appelle-t-on communément ces fleurs ? Où les ai-je cueillies ?
Je les ai cueillies à Donville les Bains lors du week-end passé à Granville, en souvenir de nos vacances bretonnes,  lorsque j'en ramassais dans les dunes d'Etel et d'Erdeven.

C'est une graminée que l'on trouve à l'état sauvage dans les dunes et les terrains sablonneux. Je l'ai toujours nommée "POMPON". Mes recherches sur la toile m'ont permis de découvrir son nom savant : lagurus ovatus. Et elle est également appelée : Queue de Lièvre ou Gros Minet. 

Le site www.homejardin.com  nous donne les renseignements suivants :
"La touffe herbacée de la queue de lièvre et ses nombreux épis en font une plante très décorative et bien adaptée pour les jardins sauvages. Elle peut également être semée en bordure d'allée par exemple ou incorporée dans les semences des prairies fleuries. Installée dans un pot elle offre de la légèreté et un air champêtre au balcon. Vraiment sympathique, la queue de lièvre ne demande aucun entretien. Elle se ressème spontanément, mais sans devenir envahissante. Ses abondants épis, bien dressés, sont duveteux et soyeux et de couleur blanche avec parfois des reflets argentés. Une fois fanés ils peuvent rester longtemps en place et sont toujours décoratifs. Les épis de la queue de lièvre sont également particulièrement bien adaptés à a confection de bouquets secs auxquels ils donnent un aspect aérien ; elle fait partie des meilleures fleurs à sécher. Après la cueillette, les nouer et les suspendre la tête en bas pour bien les faire sécher."

dimanche 18 novembre 2012

CHAPEAUX

Les chapeaux d'été sont rangés depuis quelques semaines.
Je vous ai présenté le rouge dans le message du 22 septembre.
Ce chapeau cloche m'a été offert par Fabienne pour mon dernier anniversaire.
Place maintenant aux chapeaux d'hiver.
Je n'ai pas assez d'espace sur ce portant pour les ranger tous. Certains ne sont d'ailleurs plus d'actualité car ils ne conviennent pas à ma coupe de cheveux actuelle.
Comme d'habitude, la couleur est au rendez-vous. Qui fait dire à certains de mes proches "Quand on se promène avec toi, on ne passe pas inaperçu !"
Et cela ne date pas d'aujourd'hui. Ceci est mon premier chapeau, offert par Jean-Pierre en 1984 ? 1985 ?

Si je viens vous parler de chapeaux, c'est parce que je ne les regarde plus du même oeil depuis cet été. Car nous avons visité
LE MUSEE DU CHAPEAU de CHAZELLE-SUR-LYON.
Cela fait quelques années que je l'avais repéré et indiqué à Jean-Pierre que cela pourrait être une destination pour nos randonnées cyclo-touristiques. Après étude de la carte, il est apparu que cette petite commune se trouvait sur notre route entre le Beaujolais et les Alpes.

J'ai tardé à vous en parler pour pouvoir savourer mon plaisir une deuxième fois, car pour expliquer la fabrication du chapeau de feutre en poils de lapin, je dois me replonger dans un livre lu goulûment après la visite.

Mais par quoi commencer tant il y a à dire ?
Allez, ouste, innovons : plutôt que d'attendre d'avoir tout rédigé pour publier un long et large article documenté (ce qui va me prendre quelques séances) , essayons le feuilleton. Ainsi, Mickaël (et les autres) ne piafferons pas d'impatience.
SUITE AU PROCHAIN MESSAGE

Cent cinquante cinquième sortie 2012

Amis fidèles, vous avez pu lire sur le blog de Jean-Pierre le compte-rendu de notre 155ème sortie de l'année. Que j'ai commenté ainsi :
Ah bon, je croyais que tu restais derrière pour admirer mon petit cul ! 
Oui, je laisse le politiquement correct à d'autres.
Mais il me faut tout de même préciser : vu ma taille, le mien est petit. Mais par temps d'hiver, avec plusieurs épaisseurs de vêtement pour affronter le froid, il n'y a pas grand chose à admirer !
Ce serait mieux comme cela, qu'en pensez-vous ?
Vous avez pu aussi constater une nouvelle mise en page des photos. Jean-Pierre a découvert la fonction "Retouche photos" dans Max console. A mon tour je la teste :
Voilà la preuve qu'il n'est pas sexy
Bon, j'ai testé, mais avec ma mise en page, cela n'a pas le même cachet que sur l'autre blog, c'est moins élégant.

Ce petit message pour rassurer mon fan-club dont le porte-parole (unique membre ?) s'inquiète :
Mais que fait la SPB (Société Protectrice des Blogs)? Ce blog semble lâchement abandonné à son triste sort sur la toile. Faudra-t-il une pétition ou une gréve de la faim pour que la responsable de cet abandon ne reprenne son poste? 

Je pense qu'il y a des causes plus nobles à défendre. Gardons notre énergie pour les mois à venir, quand nous serons plumés de tous côtés, et qu'il nous faudra nous manifester d'une manière ou d'une autre.

Mais c'est très gentil à Mickaël de s'inquiéter après un mois sans message de la cyclouturière. Par contre, mon intention afin que 2012 reste pour moi une année particulière, est de clôturer ce blog un jour prochain. Je l'écris, pour avoir une preuve au cas où ....

dimanche 21 octobre 2012

Récolte d'automne

Cette année, les fruits d'automne semblent se faire rare. Un arboriculteur qui témoigne dans Le Parisien ne récolte que 10 tonnes de pommes, loin des 40 tonnes des années précédentes. Ce que nous avons constaté à notre échelle, quand nous admirons les vergers : quelques arbres croulent sous les fruits, tandis que d'autres sont désespérément nus. La faute à la pluviométrie importante lors de la floraison paraît-il. Donc pas de pommes, ni de noix.
Mais quand arrive cette saison, je renifle des odeurs particulières : les champignons dans les sous-bois,
La terre fraîchement retournée
Et puis les châtaignes ! Pas n'importe lesquelles : des châtaignes grillées au feu de bois. Comme le faisaient si bien mes parents à Cavanié, dans le "cantou" (coin du feu en occitan), avec une poêle trouée. Ce souvenir olfactif revient toujours à cette période de l'année. Pour les 40 ans de Fabienne, j'ai réalisé une mini-vitrine qui reproduisait ce cantou, en m'aidant de ma mémoire et de cette photo.

Mais revenons à nos châtaignes. Depuis quelques temps, nous surveillons les châtaigniers des bords de route.


Jean-Pierre m'en a ramené déjà deux fois cette saison. Très "riquiquis", c'est-à-dire minuscules. Mais cela fait belle lurette que je m'en contente, les châtaigniers greffés étant privés. Je dois reconnaître que pendant de nombreuses années, je les ai boudées, le regret des grosses châtaignes étant trop fort !

Hier nous sommes partis sous la pluie, en pestant après ce temps, prêts à être aussi trempés que le samedi précédent (35 kms sous la pluie). Mais, ouf, le ciel s'est dégagé. Et puis j'ai eu le plaisir de ramasser les fameuses châtaignes "riquiquis". Tout occupé à les ramasser, Jean-Pierre a oublié de saisir cette récolte sur pellicule. Qu'à cela ne tienne, il a fouillé dans sa mémoire pour localiser d'autres châtaigniers, afin de me satisfaire car l'idée me venait d'écrire un message sur le dit-sujet !

Et là, merveille : nous avons ramassé des châtaignes d'un autre format.
Nous avons remplis nos sacoches
et crottés nos chaussures



Nous sommes rentrés très heureux de notre promenade. Pensez : 80 kms de vélo par temps agréable (alors que la pluie était annoncée), de jolies paysages automnaux

et 2,6 kg de châtaignes.
Qu'il faut maintenant consommer. Plusieurs possibilités pour cela :
Fendues pour les cuire au four
 Au sortir du four, les placer dans un vieux linge dans un "paillasson" (panier de paille de seigle cousue à l'écorce de ronce)  pour les faire "couffir". Enfin, j'ai essayé, mais cela n'a rien à voir avec la cuisson sur un feu de bois (une cuisinière à bois peut aussi remplacer la cheminée)
Sinon, on peut les faire cuire à l'eau dans leurs deux peaux. Ce sont des "tétous" car on les mangent en croquant dedans pour les ouvrir, et on "tête" pour en extraire la chair. Technique la plus rapide, que j'utilise avec les "riquiquis".
Troisième mode de cuisson : épluchage de la peau extérieure
puis cuisson dans une casserole d'eau. Il faut ensuite éplucher la seconde peau.
On peut alors les manger nature. Du temps de mon enfance, papa s'en préparait un bol pour le petit-déjeuner du lendemain, dans lequel il rajoutait du lait chocolaté. Car ce fut pendant longtemps le repas du soir dans nos campagnes. Petit rappel au cas où vous n'auriez pas encore perçu que mes racines sont profondément paysannes !

Vu la quantité ramassée, je me suis permis des fantaisies. J'en ai donc préparé 500 grammes de cette manière : 250 g pour faire un gâteau au chocolat
et 250 g pour un velouté de potiron et châtaignes (recette Cyril Lignac) :
INGREDIENTS : 250g de potiron pelé - 250 g de châtaignes pelées sous vide - 1 gros oignon blanc - 1 blanc de poireau - 1 pincée de thym - 1 cube de bouillon de légumes bio - 4 cl d'huile de noix -  4 cuil. à soupe d'huile  d'olive -  sel. poivre

Epluchez l'oignon et lavez le blanc de poireau. Hachez assez finement ces légumes. Dans une cocotte, faites
chauffer l'huile d'olive à feu moyen, puis ajoutez l'oignon, le poireau et le thym. Cuire 2 à 3 mn en remuant
de temps en temps.
Ajoutez le potiron, les châtaignes, le cube de bouillon et assez d'eau pour tout recouvrir. Portez à ébullition, puis laissez mijoter à couvert pendant 30 mn. Mixez finement le tout avec un appareil électrique quand les légumes sont bien tendres. Salez et poivrez.
Au moment de passer à table, salez et poivrez le velouté. Versez-le dans un saladier, puis ajoutez l'huile de noix. Mélangez brièvement, puis servez sans attendre.

BON APPETIT
Pour tout savoir sur ce fruit, je vous recommande le blog encreviolette. Un régal pour les papilles, les yeux, la tête.

dimanche 14 octobre 2012

Entre les deux mon coeur balance

Qui a chanté comme moi, dans la cour de l'école, au début des années 70 :
"Entre les deux mon coeur balance et je ne sais laquelle aimer des deux. C'est à xxxxxxxxxxx que je donne ma préférence et à yyyyyyyyy les 100 coups de bâton. yyyyyyyyy, si tu crois que j't'aime, mon petit coeur n'est pas fait pour toi. Il est fait pour celui que j'aime, qu'est 100 fois plus jolie que toi." C'était une ronde chantée avec un meneur au centre de la ronde, qui devait choisir un enfant, qui devenait à son tour meneur.

Les accords sont au féminin, car je n'avais que des copines. Et oui, à cette époque-là, l'école primaire n'était pas mixte. Par contre l'école maternelle l'était. J'en ai même la preuve.


Je suis au premier rang, la troisième en partant de la droite. Peu de prénoms me reviennent : Françoise, Brigitte, 2 ou 3  Sylvie, Magali.

Mais revenons à mon coeur qui balance ... entre deux passions : le vélo et la couture. Quelle est la plus ancienne ? Je serai tentée de dire "la couture". J'ai dû commencer pendant les années collège. Tous les samedis, je prenais part aux activités du centre social de la Caisse d'Allocations Familiales : 3 samedis de couture et un samedi de cuisine, avec Mme Dumanalède. C'est ainsi que j'ai eu envie de devenir conseillère en Economie Sociale et Familiale. Je me revois dans la cour du collège, en 4ème, me faire houspiller par ma prof de maths, qui voulait me convaincre de faire ingénieur, car j'étais bonne dans cette matière. Donc j'ai suivi la voie royale (C) ce qui m'a permis d'intégrer sans difficulté un BTS en ESF ...

Mais je faisais aussi du vélo. Enfin, un peu. J'ai souvenir de deux camps d'ados, avec l'abbé Pierre, un en vallée du Lot, l'autre dans le Lot pour rejoindre Saint Cirgues. Avec le recul, je me dis que cela fut une vraie gageure avec cet engin :
Je l'ai décroché dans le garage Aveyronnais, allons-nous le retaper en prévision d'une randonnée vintage ?
Dans mon souvenir, le vélo avait peu de place dans ma vie adolescente. Aussi ais-je été bien surprise quand Marie-Julie a retrouvé ce bon dans un livre récupéré chez mes parents, que j'avais dû découper dans le magazine "Fripounet" :
Finalement, il n'y a pas grand chose qui a changé. Aujourd'hui je complèterais la liste avec le cinéma.

Le vélo a forte dose est venu bien plus tard, avec Jean-Pierre, qui m'en a offert un en 1984.

Aujourd'hui, mon coeur n'a pas balancé. Hier nous sommes sortis pédaler sous la pluie, nous sommes rentrés trempés et frigorifiés. Courageux, mais pas téméraires, nous sommes cette après-midi restés à l'abri. Ce qui n'arrange pas mes affaires : je vais avoir du mal à atteindre les 6000 kms annuels.

Avec les mauvais jours qui reviennent, l'activité couture, mise en veilleuse quand le beau temps et les longues journées invitent à pédaler,  devrait se faire plus importante.

dimanche 23 septembre 2012

La couverture vivante





En septembre 2008, Danièle, connaissant ma passion pour la création textile, m’invitait à participer à un projet d'envergure lancé en mars de la même année. Il s'agissait de réaliser un carré de 25 cm x 25 cm, dans la technique de son choix : couture, tricot, broderie, afin de construire une couverture géante.

Une rapide recherche sur Internet me permit de vérifier de quoi il s'agissait, afin de ne pas m'embarquer sans le savoir dans un projet de je ne sais quelle secte. Ce projet est porté par le collectif des brasseurs de cages (constitué en 2000) qui crée des "actes de résistance à la colonisation des esprits et des corps, vecteurs de dialogue,de déraison nécessaire, d’utopie essentielle. Espaces d’expressions pour la société civile qui s’interroge sur les mutations actuelles des rapports humains sur la planète."

La lecture de la légende (créée de toutes pièces) correspondant à mes valeurs, en deux temps, trois mouvements, c'était fait.
La couverture vivante : Une légende de demain

Il était une fois un vaste monde aux confins des univers.  La vie s’était installée sous d’innombrables formes dans les immenses paysages de cette terre féconde. Au fil du temps, une espèce en vint à dominer les autres.

Cette espèce vivante se dénommait elle-même « Etres humains », ce qui signifiait  :« Créatures nées de la terre » par opposition aux dieux qui étaient célestes. L’ordre naturel des choses changea d’abord insensiblement puis de plus en plus rapidement.

Les humains soumirent les autres espèces vivantes, adaptèrent l’environnement à leur vision du monde et oublièrent qu’eux aussi venaient de cette terre sur laquelle ils vivaient. Coupés de leur origine terrestre, les humains étaient en train de perdre leur relation à l’invisible, aux forces élémentales d’un monde qu’ils en étaient venus à considérer comme le leur.

Ils se mirent à adorer des objets pour la possession desquels ils étaient prêts à toutes les formes de violence. C’est ainsi qu’ils semèrent la destruction autour d’eux pour alimenter les sacrifices exigés par le culte des « Objets - Machines ». Ils éventrèrent la terre pour lui arracher ses entrailles, ils empoisonnèrent l’eau et l’air, exterminèrent de nombreuses espèces vivantes…
Il arriva un temps où le principe même de vie sur cette terre, autrefois fertile et aimée, se trouva menacé. Cependant les humains emportés par leur frénésie ne voulurent pas comprendre les signes que leur adressa alors la Terre, en tant que matrice de la vie.
L’espèce humaine était alors fort nombreuse, des milliards de bouches avides cherchaient à arracher  quelques lambeaux de cette précieuse terre pour en tirer un éphémère profit.
Quelque part, des femmes commencèrent à murmurer entre elles; elles se rendaient compte que le « Nouvel Ordre » mis en place par le genre humain était dominé par un instinct mortifère.
Elles aussi s’étaient soumises et avaient cru à la domination de l’être humain sur la loi de la Nature, mais elles  ne pouvaient plus supporter de voir que les yeux de leurs enfants étaient vides.
Dans le regard des enfants, ces ancêtres du futur, elles avaient lu la condamnation de l’espèce, comme  ultime héritage d’une civilisation ayant asservi le Sujet à l’Objet.Elles se souvinrent alors de leur nature magique, elles se rappelèrent qu’autrefois les femmes communiquaient avec les forces de la vie et qu’elles-mêmes en étaient toujours porteuses. D’une mémoire très ancienne enfouie sous le conditionnement instauré par le « Nouvel Ordre », remontèrent les mythes des Origines.
Elles découvrirent alors le monde avec un nouveau regard, un regard venu du passé et tourné vers le futur. Et tout leur parut dangereusement absurde. Tant d’ingéniosité et tant d’obstination pour déboucher sur ce paysage saccagé, où la fleur meurt et l’oiseau ne chante plus...
Elles essayèrent d’alerter autour d’elles, d’autres membres de leur espèce, mais trop occupés à la survivance du plus fort, ils ne levaient plus les yeux de leurs cadrans, écrans, viseurs et autres appendices technologiques sans lesquels ils croyaient sombrer dans le néant. Aveuglés par l’urgence, ils ne discernaient plus l’essentiel.
Elles tinrent alors conseil et décidèrent d’envoyer une messagère consulter l’esprit d’une  très ancienne Déesse Mère qui vivait, disait-on, près d’une montagne Sacrée.

La voyageuse parcourut le long chemin qui menait à la dite montagne.

Mais comment s’adresser à la Déesse Mère ? Celle-ci existait-elle vraiment ? Que croire en ces temps troublés ?
Il lui semblait bien par moments sentir des forces obscures agiter son âme mais on lui avait appris, comme aux autres, que l’âme n’existait pas.
Elle s’installa dans le col entre les deux sommets jumeaux qui coiffaient la montagne, alluma un feu, s’assit près des flammes, prépara ses offrandes et attendit.
Quatre nuits passèrent sans que rien ne se produise.
Désespérée, elle alluma le feu pour la cinquième nuit, offrit sa dernière gorgée de vin, son dernier morceau de pain et invoqua la Déesse Mère.
Il y eut un frémissement dans les flammes et son Esprit recueillit ce message :
« C’est la main qui permet à la conscience de s’ouvrir, retrouvez le pouvoir de vos mains.
Un chemin se présentera alors  à vous et vous guidera hors des ténèbres qui ont envahi votre monde. »

La messagère retourna vers ses compagnes.Elles s’interrogèrent :
Plus personne ne se servait de ses mains, les machines faisaient tout. Ceux qui étaient en charge de la création étaient des spécialistes désignés par le « Nouvel Ordre », personne d’autre n’était habilité à créer.
La discussion dura longtemps, jusqu’à ce qu’une très vieille femme intervienne :
« Mes filles, cessez de parloter et mettez-vous au travail, je me souviens d’un temps où nous nous servions de nos mains tous les jours, en filant, en tissant, en cousant.
La main est le meilleur outil qui soit.
Nous avons toutes des mains, nous avons toutes, les meilleurs outils qui soient.
Filons, cousons, tissons ce qui reste dans nos cœurs et allons le montrer au monde. »

C’est ainsi qu’elles se mirent chacune à confectionner UN carré de tissu, dans lequel elles mirent leur foi et leur espérance.

Elles décidèrent de coudre les carrés les uns aux autres.Bientôt la rumeur se répandit à travers toutes les terres et des carrés de tissus affluèrent de partout comme l’affirmation d’une conscience commune. Assemblés, les carrés de tissus formèrent une immense couverture, la plus grande qui ait jamais existé et les tissus chatoyants racontaient l’élan de vie arraché à la misère de ce monde moribond.

La couverture animée de tant d’espoir et nourrie du pouvoir des mains qui lui avaient donné vie se mit en mouvement.
Les gardiens de la mémoire et de la paix comprirent que partout où « La Couverture Vivante » irait, elle apporterait un élan de vie. Elle irait recouvrir des rivières, envelopper des communautés, protéger des forêts, apporter chaleur et réconfort là où régnaient divisions et indifférence.
Dans son sillage jailliraient de nouvelles alternatives, les êtres humains ayant retrouvé leur pouvoir de création trouveraient des solutions pour nourrir, vêtir, célébrer, éduquer, soigner dans le respect de toutes Formes de vies.

La formidable énergie, mise en place par cette création collective, mettait soudain en évidence une communauté de destins dont la survie était tissée dans l’apparition
d’une conscience universelle.

La couverture était infinie, elle ne cessait de croître, étendard gigantesque de myriades d’êtres humains en chemin vers la joie simple d’ÊTRE

Mon inspiration à ce moment-là fut de faire ce que j'appellerai pompeusement un carré identitaire : un assemblage (patchwork) de morceaux de tissu (restes d'étoffes utilisées pour confectionner des vêtements)  pour parler de moi (tiens, cela ne date donc pas d'aujourd'hui !).
Tous les tissus entre les deux rubans proviennent de vêtements personnels. Depuis longtemps déjà, j'ai coutume de dire que mon "disque dur" est troué comme un gruyère. Mais c'est bien connu que la mémoire est sélective, et que ce dont nous nous souvenons le mieux quand elle commence à flancher, ce sont les souvenirs affectifs, émotionnels. Ainsi je pourrais vous dire exactement à quoi ont servi tous les tissus de cet assemblage. Pas l'année de fabrication du vêtement, faut pas exagérer, mais l'ordre chronologique.
Le triangle en bas à droite provient d'une chemise réalisée fin des années 80 pour Jean-Pierre. Avec le tissu en haut à l'extrémité gauche, j'ai réalisé un sac pour Marie-Julie. Le tissu d'à côté m'a servi pour faire un gilet à Guillaume pour le mariage de ma soeur Fabienne. Le morceau de ruban en bas de la photo a été coupé dans le ruban de mon bouquet de mariée.

En fait j'ai réalisé deux carrés : un qui a été envoyé pour le projet et une copie, avec l'intention d'en refaire un nouveau (selon le même principe) dans 10 ans (20 - 30 ans) pour voir les évolutions.

Vous remarquerez sur la photo (il s'agit du carré-copie que j'ai conservé) qu'il y a une seule ligne courbe. Et oui, je suis plutôt d'un naturel rigide. Mais je travaille considérablement sur moi pour arrondir les angles. En 2008, cela restait laborieux, voilà pourquoi il y a une seule ligne courbe. Dans le carré original, qui fait partie aujourd'hui de la couverture, ce ruban-là était un ruban d'organza plissé. Car j'aime aussi les fanfreluches, les colifichets (je ne suis pas à un paradoxe près).

Cette photo est extraite du site de la COUVERTURE VIVANTE

Si vous regardez attentivement les deux photos, vous devinerez des points de feston qui relient deux tissus. Il a été réalisé avec un fil doré, pour signifier mon attrait pour le luxe (dans la couture s'entend) et les finitions soignées.

J'ai entraîné dans cette aventure mes amies Olga

et Christiane qui précise sa démarche :


"Carré ""Espoir"" ou ""Quand le vent souffle dans le sable"" Ici s'achève en bordure de l'océan Indien les dunes du Rub Al Khali (Sultanat d Omau). Idée de démarrage:utilisation des lambeaux de voiles qui restent accrochés aux buissons ou enfouis dans les sables d'un ancien campement nomade qu'il soit bedouin touareg ou maure. Ces voiles sont des témoins de vies simples mais rudes où toutes ces femmes comme tous les leurs portent leur espoir à une meilleur vie là où il y a de l'eau.  "

Au cours de l’année 2006, la cinéaste Doris Buttignol développe le concept d’une création collective s’adressant à toutes les femmes autour d’un objet symbolique pour répondre à ce questionnement : « Comment offrir une possibilité d’expression aux femmes du monde entier, jusqu’aux plus démunies ou isolées ? » Le concept de la Couverture Vivante est une forme de réponse à cela : une proposition d’expression accessible au plus grand nombre, même sans argent, même sans éducation, même sans toit sur la tête. Le choix de l’expression textile n’est pas un hasard. C’est par le textile et le costume que s’exprime une partie de l’identité comme une seconde peau. Un langage et des techniques, souvent domaine des femmes, mais surtout vecteur de lien social et porteur d’une économie locale, désormais engloutie dans une filière textile industrialisée. C’est donc par toutes les techniques d’expression textile que la voix des femmes renaît de ses cendres, au sein de ce projet collectif international. Ces autoportraits/messages assemblés forment un tissage d'identités et de connaissances, un générateur d'échanges et de dialogues. 


L'objectif est de réunir 64 000 carrés de tissu, soit une couverture de 1000 mètres sur 4 de large. A l'heure où je vous écris, cet objectif est loin d'avoir été atteint : la couverture vivante compte seulement 1458 carrés, réalisés en France, en Inde, au Mexique, au Canada, au Tchad, au Mali, en Suède, en Argentine , aux Etats-Unis.


Peut-être vous aurais-je donné envie de vous joindre à cette aventure.
Pour terminer cette longue bafouille, si j'y participais aujourd'hui, mon carré ne ressemblerait en rien à celui que j'ai produit il y a 5 ans. Il serait sans doute plus créatif.
En 2008, j'accompagnais mon carré de cette réflexion : "En France redonnons de la valeur et de la considération au travail manuel" Toujours d'actualité ?




samedi 22 septembre 2012

Souvenirs d'été

En ce premier jour d'automne, j'immortalise quelques souvenirs d'été, ou plus exactement de vacances. Pour compléter les photos des messages retraçant nos virées estivales.

A vous de jouer :

 Comment appelle-t-on communément ces fleurs ? Où les ai-je cueillies ?
 Quel est le nom du col qui m'a le plus impressionnée ?
 Comment appelle -t-on ce type de chapeau ? Cadeau d'anniversaire ou achat personnel ?
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mes mollets le 16/09
mes mollets le  ...... ?