samedi 16 juin 2012

Bonjour ma cousine, bonjour mon coussin

Bonjour ma cousine, bonjour mon cousin germain
On m'a dit que vous m'aimiez
Est-ce bien la vérité ?
Je m'en soucie guère, je m'en soucie guère
Passez par ici et moi par là
Au revoir ma cousine et puis voilà !

Ronde enfantine que j'ai souvent fredonnée, mais je pense que ma mémoire me joue des tours. Merci à Marcia qui l'a beaucoup chantée elle aussi, de me corriger.

J'ai emprunté ce petit détour pour vous présenter un coussin que j'ai réalisé il y a quelques semaines déjà.
Je me suis amusée à faire un tissage de bandes de tissu, je voulais juste voir ce que cela donnait.

Cela a été aussi l'occasion d'effectuer des points de broderie avec une petite machine à coudre acquise dernièrement.

J'ai acheté MA première machine à coudre durant l'hiver 1983-1984. Mon premier achat après l'indispensable (gazinière, réfrigérateur...). A ce moment-là, on en trouvait encore avec un plateau en fonte. Cela fait son poids, mais c'est du solide. C'est une SINGER. Très vite, je l'ai complétée avec un meuble de rangement qui me permet de la cacher mais de l'avoir facilement à portée de main.
 Elle n'est pas sophistiquée et me permet de réaliser point droit et point zig-zag (aussi appelé point de surfil) qui sont l'essentiel de la couture. Elle fait aussi les boutonnières semi-automatiques. Je ne demande rien d'autre à une machine.

J'ai acquis dernièrement une petite machine (mécanique) comme on en trouve aujourd'hui  :
bas de gamme, vendue entre 70 et 100 Euros selon les enseignes


C'est bien sûr une sous-marque. Les grandes marques de machine à coudre sont : SINGER, PFAFF, BROTHER


Cette machine permet d'effectuer plus de trente points différents, grâce à un bouton sélecteur de point situé sur le côté droit de la machine


J'en ait fait un petit échantillonnage pour me rendre compte de la facilité d'utilisation :
Pour le coussin en question, j'ai utilisé le point que vous voyez au centre de l'échantillon. Mais ces machines semblent bien fragiles, le mécanisme s'enraye facilement après l'utilisation de différents points. Je vais l'utiliser avec parcimonie, elle est pour l'instant rangée dans sa boîte !

J'ai aussi terminé un coussin avec une broderie au point de croix réalisée en .... 2005 ! 

J'ai réalisé jusqu'à présent peu de coussins, souvent pour un besoin professionnel.
Si je cherche bien, il doit m'en rester qui sont coupés et qui attendent que je les termine !

L'année dernière, j'en ai offert un à Sylvie avec une broderie au point de croix sur du lin (même patron que le coussin rouge).
Pour Nathalie, je me suis essayée à la broderie Richelieu (coeur rose). Le coeur rouge et les frises de petits coeurs sont au point de croix.


vendredi 8 juin 2012

Redressement productif

Changement d'époque, changement de priorité. En 1981, le ministère du temps libre m'a fait rêver. En 2012, quel ministère pour faire rêver nos jeunes, aussi enthousiastes aujourd'hui que je l'étais hier à l'idée du changement à venir ?

Notre ministre a du boulot sur la planche. Je ne suis pas certaine qu'il puisse redresser grand-chose. Tout au plus pourra-t-il faire quelques plâtrages, à l'image de ces pâtés que nos petits hommes oranges s'acharnent à saupoudrer sur nos routes pour boucher les trous, au grand dam des cyclistes. Y a-t-il des formations pour cela, où on apprendrait comment lisser ce fichu goudron pour qu'il fasse corps avec le bitume initial ?

Les grands médias nous apportent leur lot quotidien d'usines qu'il faut redresser - ça s'est calmé pendant quelques semaines, élections présidentielles obligent, mais c'est reparti de plus belle- pour lesquelles des hommes et des femmes se battent. Un repreneur par-ci, une coopérative par-là, quelques mois, quelques années de répit sont gagnés au prix de lourds sacrifices. Depuis que j'ai lu "Les vivants et les morts" de Gérard Mordillat, à chaque nouvelle usine prise dans la tourmente, je ne peux m'empêcher de penser "Mes petits gars, vous êtes en train de vous faire avoir".

Je suis bien incapable de faire une analyse économique ou politique , qui apporterait sans nul doute un début d'explication à ce phénomène de désindustrialisation, qui s'accompagne de reconversion, chômage, vies humaines brisées. Je me demande seulement si tout cela ne relève pas de choix qui ont été faits il y a ... 50 ans ?

Je ne peux pas me souvenir, et pour cause, je n'étais pas née, mais je sais qu'il y a eu un évènement d'importance au début des années soixante dans ma ville natale.


Bref rappel pour situer cet évènement :
L'exploitation de charbon de manière industrielle remonte au milieu du XIXème siècle, avec les besoins liés au développement rapide des chemins de fer. Puis ce sera l'invention de l'électricité à la fin de ce même siècle. A Decazeville, l'exploitation organisée du charbon débute vers 1826-1927.
Les deux guerres mondiales vont ralentir le rythme de la production charbonnière.

"En 1945, Maurice Thorez et le général de Gaulle décrètent la mobilisation des mineurs et lancent la bataille du charbon. C'est l'union sacrée des communistes et du chef de la France libre pour relever le pays et le mineur, travailleur de l'ombre, se voit attribuer le titre de premier ouvrier de France.
Dans des conditions difficiles, car la pénurie est générale, mais avec le soutien de toute la nation, les mineurs vont gagner la « bataille du charbon » et contribuer dans une large mesure au relèvement économique du pays.
Les compagnies minières, aux prises avec des difficultés financières consécutives à la crise économique de 1930, n'avaient pu consacrer à la modernisation de leurs matériels que des moyens insuffisants. A la libération, le retard technique est énorme."


La nationalisation de l'industrie charbonnière est effective avec la loi du 17 mai 1946 portant création des Charbonnages de France et de neuf houillères de bassin : les Houillères du bassin du Nord et du Pas-de-Calais, les Houillères du bassin de Lorraine et sept houillères (Aquitaine, Auvergne, Blanzy, Cévennes, Dauphiné, Loire et Province) qui seront rassemblées en 1969 au sein des Houillères de bassin du Centre et du Midi.

"Les houillères se lancent alors dans un programme de modernisation ambitieux axé sur la concentration des sièges et la mécanisation des chantiers. La reprise de la production est spectaculaire en cette année 1946. Il sera extrait plus de 47 millions de tonnes. En 1947 on comptera plus de 350 000 mineurs qui « iront au charbon » pour relever l'industrie et l'économie française.

La production et le rendement croissent régulièrement. Le rendement triple en vingt cinq ans et la production passe de 46,6 millions en 1945 à 58,9 millions en 1958. C'est l'année record de production charbonnière française.
Cependant se profile déjà le spectre de la récession. Le gouvernement demande à Charbonnages de France une étude tendant à la réduction de 10% de sa capacité de production et à la fermeture des unités déficitaires. 

En 1960 le plan Jeanneney prévoit une réduction de la production nationale à 53 millions de tonnes pour 1965. La part du charbon dans les besoins énergétiques diminue avec la montée en puissance des énergies nouvelles (gaz, pétrole, énergie hydraulique, nucléaire). De 98% elle passe à moins de 50%."  
(source : www.charbonnagedefrance.fr) 

A Decazeville (qui compte une mine de fond et une mine à ciel ouvert "La Découverte"), la situation est la suivante :
« L’exploitation du fond à Decazeville produit en moyenne 40 % de cailloux et 60 % de charbon... Sur ces 60 % de charbon, 40 % sont d’assez mauvaise qualité et ne constituent qu’un bas produit utilisable seulement dans la Centrale thermique de Penchot ». Le charbon n’est pas cokéfiable, « il reste utilisable par l’industrie et par les centrales thermiques d’EDF... Le coût de la production est de 80 NF par tonne... La valorisation, c’est-à-dire la recette qu’il est possible d’obtenir en vendant ce charbon, est à l’heure actuelle de 50 NF par tonne... Le déficit est de 30 NF par tonne, donc de l’ordre de 40 % du coût de revient. L’exploitation du fond de Decazeville est largement déficitaire depuis de nombreuses années. Le déficit a été de 70 millions de NF ». Pour le pouvoir « rien ne permet de penser que cette situation ait chance de se redresser (...) Quant aux perspectives de valorisation, elles sont très mauvaises (...) ; si l’endettement d’une entreprise est normal lorsqu’il s’agit d’accroître ses capacités de production ou pour couvrir ses frais d’exploitation lorsque le déficit paraît devoir être provisoire, il ne l’est pas dans le cas d’un déficit inéluctable. » 
La production de Decazeville devait passer de 650 000 tonnes en 1960 à 200 000 en 1965, les effectifs ouvriers de de 2747 à 350. Les solutions prévues par le plan consistaient en la mise à la retraite anticipée, mutations dans d'autres bassins miniers et licenciements avec possibilité de réembauche dans des industries nouvelles implantées avec l'aide financière des houillères.

L'année 1960 voit les premières manifestations et grèves, à l'appel des syndicats CGT, FO et CFTC,  auxquels se joint la FDSEA, syndicat agricole, le but étant de ne pas dresser la classe ouvrière contre la classe paysanne . Decazeville et le bassin houiller sont à cette époque un bastion rouge dans un département à visage modéré, au sens de la représentation politique au sein du Conseil Général.

Une manifestation d'ampleur aura lieu à Rodez le 20 novembre 1960 pour défendre la mine mais aussi les exploitations agricoles qui gravitent autour , ainsi que l'économie du département. Les tracts annoncent l'apocalypse : "Dans 20 ans le département de l'Aveyron serait sans vie et dans l'affre de la misère et de l'exode".

Dans ce département où l'influence de l'Eglise catholique est très importante, l'évêque de Rodez prend position, rappelant la doctrine sociale de l'Eglise : "L'homme nepeut être sacrifié aux nécessités de la technique, de la rentabilité, de la reconversion."

Au cours de cette manifestation, aucune allusion ne sera faite à la politique européenne qui, pour le parti communiste, est responsable de cette crise. En effet,  la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) est créée le 18 avril 1951, pour une période de 50 ans. S’inspirant du plan Schuman, six pays signent un traité visant à placer leurs industries lourdes du charbon et acier sous une tutelle commune. Nul ne peut fabriquer désormais ses propres armes de guerre pour les diriger contre les autres, comme par le passé. Ces six pays sont l’Allemagne, la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas. Ce sont les pays fondateurs de l'Union Européenne.

Cette manifestation, présidée par le maire de Decazeville et des parlementaires modérés, d'à peine quelques un milliers de personnes encadrée par trois compagnies de CRS, est un succès.

En septembre 1961, les partis politiques de gauche, les syndicats ouvriers et paysans demandent à leurs adhérents de ne pas participer aux manifestations publiques organisées à l'occasion du voyage officiel de de Gaulle en Aveyron. Pour lui, "Decazeville, c'est un problème local, mais ce n'est pas qu'un problème local. Le cas de Decazeville fait partie du problème charbonnier d'Europe."


Le 8 novembre 1961, 29 ouvriers et 2 employés sont licenciés à la cokerie (où est distillée (gazéification des composants indésirables) la houille afin d'obtenir le coke). A l'appel du Comité de Défense du Bassin, une nouvelle manifestation a lieu à Decazeville le 24 novembre 1961.

J'ai trouvé cette photo dans un livre offert il y a peu par Sarra : Se souvenir des années 60 - 365 jours en France.Elle portait cette légende :"Soutenus par la population, les mineurs manifestent contre la fermeture des puits et les licenciements. D'importants mouvements de grève éclatent en 1961 et en 1963." Mais point de date et d'origine. Quelques indices me donnaient à penser qu'il s'agissait bien de la grève de Decazeville : la pancarte "Le bassin ne périra pas" et la configuration d'une rue en pente. Mais il me fallait en être sûre.

J'ai retrouvé cette photo dans un document édité par le collectif RéXister qui s'est créé à l'occasion de la commémoration des grèves de 1961-1962. Là encore point de source d'authentification (je suppose que c'est une photo parue dans le Midi Libre ou la Dépêche du Midi) et de date. Mais la photo est moins resserrée et j'ai confirmation du lieu.

La foule descend la rue Cayrade. A droite apparaît un tabac. J'ai un doute sur son existence aujourd'hui, mais il a y a peu, il existait toujours. J'ai repéré (peu visible ici) une enseigne LIP. Il y avait toujours une bijouterie il y a une dizaine d'années. A gauche des manifestants, il y a actuellement le Crédit Agricole.

Cette manifestation rassemble  5000 personnes selon la préfecture, 8000 d'après la Dépêche. Selon le préfet, l’atmosphère est très lourde et l’ambiance est survoltée du fait de la propagande extrémiste. Le commissaire de police chef des services de sécurité publique fait une analyse différente. « La récente manifestation du 24 novembre s’est déroulée dans le calme, mais les esprits étaient tendus (...) Le calme a été observé mais les consignes données par le cartel syndical (...) avaient été celles de la non-violence (...) la plus large unité d’action a été réalisée. La grève des commerçants dans tout le bassin, la grève administrative des mairies, la position des instituteurs ayant cessé les cours à 11 heures, le tocsin sonnant le glas, tout contribuait à donner à cette manifestation une ampleur inaccoutumée et une résonnance psychologique profonde. »


La grève est décidée, elle commence le 19 et se fait sur le tas, avec occupation des lieux. Le 21 décembre une manifestation réunit au moins 10000 manifestants. Le tocsin sonne, sur des pancartes apparaissent des inscriptions telles que « Respect pour notre dignité », « Du travail pour nos maris et pour nos fils », « Des sous pour papa ».On remarque dans le cortège la présence de nombreux membres du clergé, d’instituteurs laïcs et privés.


Une grève est organisée le jour de Noël. L’évêque est présent à Decazeville et des messes sont célébrées au fond de la mine.  Le 27 décembre, dix jeunes décident de faire une grève de la faim de trois jours pour soutenir les mineurs. Le maire de Decazeville et ses adjoints descendent au puits central. Le 28 décembre, 4000 (d’après le préfet) 10000 (d’après la JOC et l’ACO) manifestants se réunissent à Rodez, dont 2000 femmes de mineurs. Les commerçants ont fermé les magasins. 


En même temps, les conseils municipaux des communes du Bassin Houiller démissionnent. Le préfet refuse les démissions mais les maires se considèrent comme démissionnaires. Une assemblée extraordinaire des maires de l’Aveyron a lieu le 31 décembre 1961. Il y a un accord sur le principe d’une démission avec grève administrative partielle immédiate. Dans une motion, les maires protestent contre l’information tendancieuse de la télévision et de la radio. Ils « affirment qu’à travers le combat des mineurs se joue le destin de tout un département qui encore que singulièrement riche en valeurs humaines n’intéresse que très relativement les technocrates (...) » Une reconversion est nécessaire, mais les mineurs reconvertis ne doivent pas voir « leur pouvoir d’achat amputé ». - Les salaires des mineurs sont supérieurs à la moyenne des salaires aveyronnais - Les démissions vont être massives dans les arrondissements de Villefranche de Rouergue et de Rodez mais beaucoup moins nombreuses dans le Sud Aveyron.

Le 3 janvier, quatre délégués du Comité Intersyndical et quatorze mineurs de fond donnant une conférence de presse à Paris qui réunit plus de cent journalistes.

Un reportage est présenté à l'ORTF le 3 janvier 1962. Je n'arriverai pas à insérer directement la vidéo. Vous pouvez la consulter en cliquant sur le lien  http://www.ina.fr/fresques/jalons/fiche-media/InaEdu01035/les-greves-de-decazeville-illustrent-le-drame-de-la-reconversion-miniere.html

Le 6 janvier a lieu une grève de solidarité dans de nombreux bassins houillers à l'appel de la CGT.


Une nouvelle manifestation a lieu à Decazeville le 9 janvier (18000 manifestants selon la préfecture, 30000 selon la presse). La grève est largement suivie par la Fonction Publique, elle est massive dans l'Education Nationale.


Le 12 janvier, le Président du Conseil Général démarche le ministère de l'Industrie - dont le directeur de cabinet du ministre est un certain Raymond Barre - qui pose comme préalable absolu la cessation de la grève avant toute reprise de négociation.


Les 23 et 24 janvier, Pierre Mendès-France est à Decazeville où il tient une conférence de presse. « Le problème du Bassin Houiller, je le reconnais pour m’en être entretenu alors que j’étais Chef du Gouvernement avec le président Ramadier que j’avais fait nommer à la tête de la CECA. Car je pensais comme lui, que semblable organisme ne pouvait négliger les drames humains de la reconversion. Il y a des années que l’on savait que semblables évènements allaient se produire. Rien n’a été préparé en vue de l’échéance et de la revitalisation de la région."

Nouvelle manifestation le 26 janvier. Le 1er février, le gouvernement fait des propositions complémentaires. A l’unanimité les délégués des chantiers ont estimé que ces conclusions étaient nettement insuffisantes . Le comité intersyndical demande le maintien d’une activité d’exploitation du fond à partir de 1965, la création, avec participation de l’Etat ou des Charbonnages, d’une mutuelle ou d’une caisse de compensation, la réalisation d’implantations d’industries nouvelles. Il demande l’ouverture de discussions directes. Le principe d’une grève de la faim est retenu. Elle débute le 5 février, menée par 20 volontaires.
Le 7 février, une délégation de la Commission Sénatoriale des Affaires Sociales se rend à Rodez et à Decazeville. Dans son rapport, elle critique le mode de fonctionnement du cabinet ministériel : "L'on ne reconvertit pas des hommes, des régions comme l'on transforme des machines."
Une délégation de femmes de mineurs se rend à Paris. Des divergences apparaissent entre la CFTC de Decazeville et la Fédération CFTC des mineurs.

Suite aux annonces ministérielles du 15 février, et devant des appréciations différentes des syndicats sur la suite du mouvement, la fin de la grève est décidée le 21 février, le travail reprend le 23.
Le préfet écrira : "l’unité syndicale est réelle (...) les divers syndicats étaient unanimes sur les buts à atteindre et n’avaient émis des avis différents que sur les moyens d’y parvenir, en se rangeant en définitive à une solution d’unanimité. » Il évoque ensuite « [une] ampleur et [une] résonance inattendues même par delà des frontières, par le soutien moral de classes sociales ou d’élus et même de hautes personnalités dont le comportement à l’égard de telles entreprises est empreint généralement d’une plus grande réserve, et par une importante aide matérielle sous forme de dons atteignant près de 140 millions d’anciens francs . »

Philippe Marcy, auteur du texte que j'ai largement reproduit (www.arkheia-revue.org/Une-greve-peu-ordinaire.html) conclue son article ainsi : "La fin de la grève peut être interprétée comme un échec, les mineurs obtiennent surtout des promesses. Les problèmes ne seront pas résolus et le Bassin va connaître de nouvelles fermetures dans les années 1980. Il n’empêche la grève de Decazeville est porteuse de nouvelles formes de lutte ou de nouveaux thèmes. Les idées de décentralisation, de mise en place de véritables structures régionales, de lutte contre les déséquilibres régionaux font leur chemin. La nature et la forme même de certains conflits s’est transformée."


D'autres conflits ont précédé celui-ci. Mais la programmation de la fermeture des mines françaises (qui s'est échelonnée  jusqu'en avril 2004) est bien un choix qui a impacté tout le paysage industriel des années à venir.


Je me demande si l'expression "Volem Viure al païs" (Nous voulons vivre au pays) n'a pas été inventée au cours de ces évènements. Ce qui est certain, c'est que cette lutte a fait l'objet d'une chanson (et oui, encore une) :

Les mineurs de Decazeville 
Occitans sans le savoir
Chantent l'Internationale
La chanson du désespoir

Du poing fermé qui se lève
Saluons l'accordéon
Qui comprend notre grève ?
Jaurès est au Panthéon

Luttes grandes d'autrefois
La police dans Aubin
Pour secouer la misère
Quand nous lynchâmes Watrin

Nous ne courberons pas l'échine
Aidez-nous paysans
Nous voulons garder notre mine
Le pain de nos enfants

Chantons l'Internationale
La chanson de notre espoir
Les mineurs de Decazeville
Nous ont montré notre devoir


Je vous avais prévenu : le Bassin est ROUGE. Je vous épargne les résultats des dernières présidentielles !

J'aurais pu intituler ce message "AU CHARBON" car j'ai passé quelques heures à consulter des archives personnelles et Internet. D'ailleurs je m’essouffle. Je réserve pour plus tard d'autres informations sur le sujet car, à défaut de creuser un sillon, je suivrai le filon. Et parce que je m'approprie cette maxime "Comprendre son temps est impossible pour qui ignore tout du passé" (RéXister)

P.S. : J'aurais pu aussi intituler ce message : "Vous qui n'aimez pas la lecture, passez votre chemin".





samedi 2 juin 2012

Promenade fleurie

La convalescence de Jean-Pierre étant terminée, nous avons repris nos habitudes. 103 kms dans la campagne ensoleillée.
Casse-croûte
dans la forêt du Gault






Une seule petite grimpette, montée à mon rythme. Ce n'est pas là que j'en ai bavé.





Mais là, d'ENVIE !
 Elles me narguent, elles me narguent : soit elles ne sont pas mûres, soit elles sont inaccessibles (trop hautes, trop loin, trop près des maisons). Qui est-ce qui a dit que je n'étais jamais contente ? Pourtant je rêve d'en faire une ventrée ! Si vous voulez me faire un grand plaisir et que vous possédez un cerisier, vous savez ce qu'il vous reste à faire.

Notre route a croisé de nombreuses fleurs ...

Et des arbres 
MORT
ROND
METALLIQUE









lundi 28 mai 2012

Week-end très productif




Ouf, je l'ai fini à temps !












Mais je ne sais travailler que dans l'urgence. Il fallait déjà me décider pour une technique pour le dessus de l'album.

Jusqu'à présent, j'avais fait de l'incrustation de tissu dans du carton plume. Dans l'ordre chronologique :

Voyages  cyclotouristiques
Pour ses 18 ans
Communion de Nöellie en 2008



J'ai aussi fait un cheval pour Elise dont je n'ai aucune preuve photographique. J'ai utilisé un modèle issu de ce livre :

Pour le dernier en date, j'ai opté pour de la broderie aux points comptés. J'ai trouvé une grille pour le kangourou, l'opéra de Sydney et le perroquet. J'ai brodé les autres éléments en m'aidant de photocopies découpées !
Pour fabriquer cet album, j'ai eu besoin de :
carton, tissu, toile thermocollante (que j'emploie pour renforcer le tissu), colle vinylique, papier pour habiller l'intérieur de l'album, 3 vis à reliure
Et il va sans dire beaucoup d'AMOUR

Cette après-midi, c'était couture.

Pas de vélo aujourd'hui, mais 61 kms dimanche et 35 kms samedi.

























dimanche 27 mai 2012

Bleu, blanc, blond


"Bleu, bleu, le ciel de" Seine et Marne.
Aujourd'hui mon inspiration provient de ce petit livre :
Car il ne vous a pas échappé que hier soir avait lieu l'EUROVISION.


Le Concours Eurovision de la chanson (Eurovision Song Contest ou ESC en anglais), à l'origine Grand-Prix Eurovision de la Chanson Européenne[1], est un concours annuel créé par Marcel Bezençon, directeur de la société de télévision suisse, sur le modèle du Festival de San Remo, et qui eut lieu pour la première fois le 24 mai 1956 à Lugano. Ce concours est retransmis par la télévision à travers l'Europe. Plus récemment, il fut aussi retransmis ailleurs dans le monde (par exemple en Australie, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis), mais aussi sur Internet. Le nom de ce concours vient du réseau télévisé Eurovision, conduit par l'Union européenne de radio-télévision (UER) dont l'audience potentielle est d'un milliard de téléspectateurs. Le concours est ouvert à tout pays membre actif de l'UER, ce qui inclut des pays qui ne font pas partie de l'Europe au sens géographique : l'Algérie, l'Égypte, Israël, le Liban, la Libye, le Maroc, la Syrie, ou la Tunisie — . Ainsi, Israël envoie des candidats depuis 1973, alors que le Maroc a participé à une seule occasion, en 1980.
Le premier concours eut lieu en 1956 et sept pays participèrent (trois autres furent disqualifiés pour cause d'inscription tardive). Les sept pays étaient la France, l'Allemagne de l'Ouest, l'Italie, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Belgique et la Suisse. Ils furent rejoints par le Royaume-Uni, le Danemark et l'Autriche l'année suivante, par la Suède en 1958 et par Monaco en 1959. Le 1er janvier 1993, l'OIRT (Organisation internationale de radio et télévision), qui siégeait à Prague et qui gérait le réseau Intervision, fusionne avec l'UER. Ce statut permet aux radiodiffuseurs de l'Est de prendre part au Concours Eurovision de la Chanson, avec les radiodiffuseurs de l'Ouest.
Le morceau repris pour l'indicatif de connexion en Eurovision, pour les événements rassemblant plusieurs radiodiffuseurs, notamment pour le Concours Eurovision de la Chanson, est l'ouverture orchestrale du Te Deum de Marc-Antoine Charpentier, redécouvert par Carl de Nys en 1953.   (extrait de fr.wikipedia.org)


Ce concours est souvent l'occasion de nous rappeler que la France n'a pas gagné depuis .... 1977. Un fameux anniversaire  : 35 ans de vide sidéral !
La France n'a gagné que 5 fois. Cela fait si peu que cela me prends peu de temps pour vous communiquer les bienheureux :

  • 1958 : "Dors mon amour" chanté par André Claveau
  • 1960 : "Tom Pillibi" chanté par Jacqueline Boyer
  • 1962 : "Un premier amour" chanté par Isabelle Aubret. C'est une découverte, et c'est un petit bonheur : j'aime beaucoup cette chanteuse et je suis très honorée qu'elle ait gagné l'année de ma naissance
  • 1969 "Un jour un enfant" chanté par Frida Boccara
  • 1977 : "L'oiseau et l'enfant" chanté par Marie Myriam. Une chanson que je connais tout particulièrement, je vous ai déjà raconté que c'était ma chanson fétiche lors des mariages. Les frères et soeurs de papa aiment bien pousser la chansonnette. Chacun y allait de la sienne. Michel a ses préférées : "Ma pastourelle" et "Rossignol de mes amours". Pour Berthe, c'est "Les blés d'or". Les autres j'ai oublié. Et bien sûr, tous en coeur, nous chantions l’hymne occitan :

J'ai feuilleté le livre Chansons d'hier à aujourd'hui" pensant y trouver les paroles de "L'oiseau et l'enfant". Que nenni. Il m'a fallut consulter la modernité. Sur le site www.joielire.net, j'ai déniché un texte à trous que je reproduis ci-dessous. A vous de jouer ! Je vous invite fortement à aller faire un petit tour sur le site d'origine (pour retrouver les paroles si vôtre mémoire est défaillante ... ou si le nombre des années vous autorise à ne pas connaître ce patrimoine - si si n’ayons pas peur des mots), mais aussi pour l'amour de la langue française. (Il faut vraiment que je sollicite JP pour qu'il me montre comment ajouter des liens vers mes blogs préférés).



Comme aux yeux de lumière
Qui voit passer, au loin, les oiseaux
Comme bleu survolant la terre
Vois comme , le monde est beau


, le bateau dansant sur les vagues

Ivre de vie, et de vent

, la chanson naissante des vagues

Abandonnée au sable blanc

Blanc, , le sang du poète
Qui, en chantant, invente l'amour
Pour que la vie s'habille de fête
Et que se change en jour

Jour d'une vie où se lève
Pour réveiller la ville aux yeux lourds
Où les matins effeuillent les rêves
Pour nous donner un monde amour


c'est toi, l'amour c'est moi
c'est toi, l'enfant c'est moi


Moi je ne suis qu'une fille de l'ombre
Qui voit briller du soir
Toi mon étoile, qui tisse ma ronde
Viens allumer noir

Noire les hommes et la guerre
Qui croient tenir les rênes du temps
Pays d'amour n'a pas de frontière
Pour ceux qui ont

Comme un enfant aux yeux de lumière
Qui voit passer au loin les oiseaux
Comme l'oiseau bleu survolant la terre
Nous trouverons ,

L'amour c'est toi, l'amour c'est moi
L'oiseau c'est toi, l'enfant c'est moi
L'oiseau c'est toi, l'enfant c'est moi
L'oiseau c'est toi, l'enfant c'est moi


Quant au petit livre "Chansons d'hier et d'aujourd'hui", ne le cherchez pas trop. Celui que j'ai dans les mains a été édité en 1997. Il est diffusé "par un groupe d'animateurs au service des personnes âgées fréquentant divers groupes et mouvements paroissiaux". Il a été aussi utilisé dans des camps d'ados (organisés par des curés il va de soi) dans les années 70. C'est comme cela que j'ai eu un premier exemplaire dans les mains. Ensuite j'ai cherché bien longtemps. Je crois qu'on ne le trouve que dans le sud de la France. En 1997, on pouvait s'adresser au prêtre de Masseguel (81).

Le titre et les premiers mots de mon message proviennent de ce livret. Second petit jeu de la journée : qui a chanté cette chanson ?

mercredi 23 mai 2012

Tournicoti Tournicoton (2)

Il y a différentes manières de pratiquer le vélo : passionnément, modérément, à toute vitesse, en flânant ...

On peut faire : de la course, des brevets (100, 200, 300, 400, 1000 kms), des diagonales, le Tour de France, le brevet des provinces françaises, la Vélocio, le Paris-Brest-Paris, etc ...

On peut chasser 50 cols, intégrer la confrérie des 100 cols, chercher à atteindre la lune (si, si ça existe !).

Certains font du vélo pour repousser les limites, d'autres pour se prouver leurs capacités.

Les défis à vélo peuvent être grandioses. Mon défi actuel est très modeste : inventer des parcours "tournicoti, tournicoton". Le premier (d'une distance de 47 kms) m'a laissé sur ma fin, il fallait que j'y retourne pour améliorer ce concept.

Donc ce soir je me suis amusée à en tracer un second. 45 kms parcouru, à vol d'oiseau j'étais à 8 kms maximum de mon point de départ.

Quel intérêt ? Aucun, si ce n'est de me procurer un petit bonheur. Tout un programme.


samedi 19 mai 2012

Tournicoti Tournicoton (1)

Non, je ne suis pas montée sur le Manège Enchanté. D'ailleurs je me demande comment ma mémoire a enregistré ces mots. Cette série a débuté le 5 octobre 1964. 500 épisodes plus loin, cela nous mène jusqu'à quand ? A cette époque-là, combien y avait-il d'épisodes par semaine ? Ce dont je suis sûre, c'est que nous  n'avons pas eu la petite lucarne avant 1970. Bref, je n'ai pas souvenir d'avoir regardé ce dessin animé. Je n'ai pas dû regarder guère plus "Minizup et Matouvu", pourtant j'en garde un souvenir embué. Par contre, j'ai suivi les aventures de Saturnin dont la voix reste inoubliable.

Pendant que Jean-Pierre se repose (et prend son mal en patience, plutôt mal d'ailleurs), je fais quelques petites sorties en solitaire (30 à 50 kms). Cette après-midi, je me suis munie de l'appareil photos, souhaitant fixer sur la pellicule un champ de marguerites. Mais j'ai dessiné mon parcours au fur et à mesure des kilomètres, en fonction du vent aussi. Qui change presque tous les jours. Hier il était de sud-ouest (à vue de nez, je ne suis pas une grande spécialiste de la chose). Aujourd'hui il était de nord-est. Bref, les premiers kilomètres de la virée servent à repérer d'où il vient pour s'organiser en conséquence. Quand j'arrive à faire un parcours où il me pousse sur les trois quart, je suis contente de moi !

Mais comme d'habitude, je m'égare ... Je disais donc que je n'ai pas photographié de marguerites car je n'ai pas fait le parcours initialement prévu, pour cause de changement de direction de vent. Vous suivez ?


J'ai quand même réussi à ramener une photo. Oui, une seule. Car l'insolite ne court pas les chemins. Mais j'ai surpris cette voiture (cette camionnette ?) qui s’apprêtait à sortir d'une propriété, ce qui m'a laissé le temps de poser pied à terre, ouvrir ma sacoche de guidon, en retirer l'appareil photo pour enfin faire la dite photo. Heureusement que JP a une technique plus rapide !






Donc j'ai fait un circuit à vélo "tournicoti tournicoton". C'est-à-dire que j'ai tournicoté autour de mon point de départ, car des orages étaient annoncés et je voulais pouvoir rentrer bien vite. Si j'avais dû rentrer en vitesse pour fuir l'orage, je n'étais qu'à 12 kms maximum de la maison. Facile !

Pour mieux se représenter mon affaire, j'ai sollicité Jean-Pierre pour dessiner mon circuit. Après "bidouillage" sur le logiciel adéquat (durée : un bon quart d'heure), impossible de trouver la manœuvre pour l'insérer dans ce message (malgré encore un quart d'heure passé à chercher). J'ai donc recouru à la bonne vieille méthode qui a fait ses preuves : du papier calque et un crayon à papier. En 5 minutes, c'était fait !

Quel intérêt de faire ce petit dessin ?

  1. A me rendre compte que finalement cela ne tournicote pas tant que cela. Il faut que je me fasse une virée genre grand huit. 
  2. A faire travailler votre imagination !

Comme souvent j'ai partagé mon temps libre (qui se souvient que nous avons eu un ministère du même nom en 1981) entre vélo et créations. J'ai un ouvrage sur le feu depuis quelques semaines : notre grande voyageuse m'a commandé un album photos pour ranger ses souvenirs. Il serait temps que je m'active car son retour approche.

Devant un si grand week-end, j'ai pensé pouvoir faire AUSSI un tapis d'éveil.
Mais j'ai eu les yeux plus gros que le ventre ! Il risque de rester en l'état pendant quelques temps. Mon esprit n'a pas fini de phosphorer à imaginer tous les éléments que je vais pouvoir rajouter pour créer un paysage bucolique (mot qui  semble me plaire car je l'utilise à toutes les sauces!)