vendredi 2 mars 2012

Ardenne (2) : l'étape française

Après une bonne nuit, nous voilà prêts pour notre deuxième étape ardennaise.
Mais avant, il nous faut prendre des forces.
Et pour cela un copieux petit déjeuner est INDISPENSABLE !
Et bientôt, il va nous falloir quitter ce havre de paix pour regagner la France.
Mais rappelons d'abord cette bonne adresse : L'auberge Saint Martin à Orchimont (Belgique).
Pour cette randonnée, j'ai choisi de partir de Hautes Rivières en France. Nous suivrons tour à tour ces deux routes touristiques.
Je suis sur mon vélo
C'est la faute à Rimbaud
Je roule dans les Ardennes
Sur les traces de Verlaine...
Nous prenons tout d'abord la route Rimbaud-Verlaine qui nous mène...
...au village de Linchamps.
Ici nous quittons la vallée pour une longue côte : nous mènera-t-elle à un col ? Mystère...
Mais la route est superbe, le temps est beau alors nous grimpons dans la joie et la bonne humeur !
Une vraie petite route de montagne qui nous rappelle certaines routes du Massif central.
Mais au sommet, près du village de la Neuville aux Haies, point de panneau de col !
Alors, nous redescendons vers la vallée de la Meuse, dans le brouillard !
Nous arrivons ainsi à Monthermé dans le gris de l'hiver...
La Meuse est calme.
Après quelques kilomètres le long de l'imposante rivière dans des paysages industriels qui nous rappellent Decazeville, nous mettons le cap sur la vallée de la Semoy.
Et c'est par une rude montée, la plus difficile de ces deux jours (!), que nous arrivons au...
C'est notre COL N° 7 !
Plus que 43 ascensions !
La descente qui suit est fort rapide...
Et  nous arrivons très vite à Haulmé  où la mairie est fort modeste .
La route qui suit est jalonnée de "Totems" en acier(il y en a 7 en tout le long de la Semoy) qui sont l'oeuvre du sculpteur Jean Morette et du paysagiste Marc Soucat. Ils veulent rendre hommage au travail de l'acier  par les gens(les cloutiers et les boulonniers) de cette vallée. 
Quelques centaines de mètres plus loin, il y en a un autre.
Nous avons quitté Rimbaud et Verlaine depuis quelques kilomètres déjà.
Une jolie danseuse d'acier encore, fait du stop au carrefour suivant, ce n'est pas un totem...
Au village du Thilay où la neige n'a pas totalement disparu, nous sommes au pied du dernier col de cette escapade franco-belge.
Nous montons en effet vers le col du...
Lou-ou-ou-ou-ou-ou-ou-ou-ou-ou-ou-ou-ou-ou-ou P
Il ne nous reste plus qu'à revenir à la voiture, non sans avoir observé une nouvelle sculpture...
Il s'agit en fait d'une ancienne machine (un marteau-pilon ?) à travailler le métal. La désindustrialisation de la France donne des idées aux "artistes"... Cela permet de décorer les bords de route (ou les ronds-points, je crois en avoir déjà parlé ici...) avec plus ou moins  bon  goût, non ? On entend  du fond de la vallée monter le bruit du métal que l'on travaille encore : pour combien de temps ?
Cela me fait penser à la chanson de Lavilliers : Les mains d'or.
Un grand soleil noir tourne sur la vallée 
Cheminées muettes - portails verrouillés 
Wagons immobiles - tours abandonnées 
Plus de flamme orange dans le ciel mouillé 
On dirait - la nuit - de vieux châteaux forts 
Bouffés par les ronces - le gel et la mort 
Un grand vent glacial fait grincer les dents 
Monstre de métal qui va dérivant 

J'voudrais travailler encore - travailler encore 
Forger l'acier rouge avec mes mains d'or 
Travailler encore - travailler encore 
Acier rouge et mains d'or ...
Mais il nous manque  quelques kilomètres pour atteindre les 100 km sur ces 2 jours alors nous retournons vers la Belgique. Ici la rivière s'appelle-t-elle Semois ou Semoy ? 
Sommes-nous sur les rives de la rivière belge touristique ou sur les rives françaises industrielles ?
Et cette maison française que vous inspire-t-elle ? On plonge ou on coule ?
Mais il nous faut revenir vers Hautes Rivières. Non sans avoir admiré ce "slogan" du département du 08. Quelle originalité ! Et en plus les contribuables ont dû payer pour cela.
En voilà ,d'autres, gratis !
"Ardennes, la haine..." Non, non, pas terrible.
"Ardennes, c'est zen !" Pas mal
"Ardennes, dans les pas de Verlaine." Facile.
Et voilà, c'est fini !
Et nous retrouvons le soleil en quittant les Ardennes :
"Les Ardennes, c'est pas de veine !"

jeudi 1 mars 2012

Ardenne (1) : l'étape belge

Deux jours d'escapade en Ardenne pour grimper des cols... Curieuse idée ! Ce "plateau froid et humide, couvert de forêts, landes ou tourbières, coupées de vallées encaissées (Meuse) et dont l'altitude oscille entre 400 et 700 m" (Dixit le Larousse) ne devrait pas attirer les chasseurs de cols que nous sommes cette année.

Pourtant  j'ai repéré 4 ou 5 petits cols dans le département du 08. 
En y regardant de plus près, j'ai aussi découvert que la Fédération Francophone Belge du Cyclotourisme (FFBC) a lancé un nouveau challenge pour la saison 2012, le RANDOCOL, qui "va permettre aux pratiquants du cyclotourisme, d’explorer les « cols de Belgique » à l’occasion des randonnées organisées par les clubs au sein de la fédération".
Ainsi tous les cols reconnus et "panneautés" par les communes sont concernés. Il y en a plus de cent reconnus par les autorités belges.
On peut  approfondir le sujet sur le site "Les cols de Belgique" qui narre entre autre les péripéties et les guerres intestines qui ont opposé nos voisins belges et le Club des Cent Cols.
Pour notre part, nous n'entrerons pas dans le débat mais la définition donné par Daniel Gobert (L'auteur du site précité) du mot "COL" nous convient bien :
"...à l'endroit du col, là où il y a mieux (plus haut) à gauche et à droite, là où derrière soi le plus difficile est accompli et là où devant soi la descente bienfaitrice s'annonce..."
J'ai même fabriqué cette petite diapo pour expliquer...
Mais même si la configuration n'est pas toujours la même, il suffira d'un panneau "Col de...." pour faire notre bonheur. Il n'y a sur ce défi que nous nous sommes lancés aucun besoin de reconnaissance, aucune recherche de médaille (mais on acceptera bien sûr les médailles en chocolat !). Il s'agit juste de faire de belles promenades, de découvrir de jolis paysages et de nous amuser sur le vélo !
Ce fut le cas durant ces deux jours en Ardenne : Alors, ACTION !
Nous avons donc jeté notre dévolu sur la commune de Vresse sur Semois, en Belgique, au nord de Sedan où une dizaine de cols sont "panneautés". Après deux heures et demie de route, en voiture, nous sommes arrivés sous un léger crachin à la Maison du tourisme de ce village de la petite Suisse namuroise car nous sommes en Ardenne Namuroise.
S'il y a beaucoup d'hôtels et de restaurants dans cette vallée de la Semois, beaucoup sont fermés en cette saison. Mais nous trouvons une auberge à quelques kilomètres de Vresse, dans le village d'Orchimont.
Situé sur un piton rocheux, Orchimont est une ancienne cité médiévale, entourée de remparts et défendue par il château fort, dont il ne subsiste  que cette tour. L'auberge Saint Martin est un endroit calme, paisible (par cette journée hivernale, nous sommes les seuls clients) et fort accueillant !
Le patron nous apprend que le village aussi est très calme et qu'il est essentiellement habité par des "trois fois vingt' ".
Après un bon repas chaud, nous prenons la route pour une après-midi de "chasse-col" revêtus de nos cache-cols... car le fond de l'air est humide !
Jésus lui-même est protégé de la pluie !
Et de l'eau, il y en a beaucoup dans la descente qui nous mène à Vresse.
Nous y découvrons tout d'abord cette locomotive de 1835, entièrement reconstruite en bois !
 Hélas le hangar est fermé et nous ne pourrons pas approfondir la visite.
La photo à travers la vitre n'est pas fameuse...
Vresse fut également un rendez-vous de peintres grâce au mécénat de l'hôtelier des Glycines (aujourd'hui la maison du tourisme) qui accueillit de nombreux peintres et de nombreuses expositions.
Cette sculpture rend hommage aux artistes ayant séjourné sur les bords de la Semois.
Mais il nous quand même reprendre la route pour Alle...
Ce petit personnage en cage (Qui est-ce ? Peut-être la vierge Marie...) semble nous encourager car nous commençons déjà à monter vers...
... notre deuxième col de cette année 2012.
Et il y a même un lacet comme dans les Alpes !
COL N° 2 : objectif atteint, encore 48 grimpettes à se farcir !
Nous sommes en région touristique comme semble nous l'indiquer ce genre de gros hôtel coquet.
Région montagnarde ?
Région industrieuse aussi même si, comme en France, certaines activités semblent réduites aujourd'hui à une "muséographie du travail ancien".
Le bois est encore une activité importante de cette région de forêt.
Mais Lolo continue son chemin vers une deuxième longue côte qui ne sera pas estampillée "COL" malgré sa longueur et sa difficulté !
Le paysage est brumeux mais l'oeil averti du baignoirologue a repéré l'objet qui sert d'abreuvoir aux chevaux : ma première baignoire belge !
Les arbres sont beaux et je vais enrichir aujourd'hui ma collection.
Nous revenons en France pour quelques...
...mètres !
Avant de découvrir cette signalisation  fort complète... En voiture, il faut s'arrêter une fois. C'est sûr !
A Pussemange, longeant la frontière, nous commençons l'ascension vers le deuxième col de la journée.
Le temps de prendre en photo cet arbre...

...et nous voici à 341 mètres d'altitude, après 3 kilomètres de montée, au col de Bonne Idée.
La mauvaise idée ici, c'est d'avoir fermé cet estaminet qui devait être accueillant si j'en crois les enseignes accrochées aux mur !
Et c'est par une longue descente que nous revenons dans la vallée de la Semois. A Bohan plus particulièrement où l'on trouve quantité de restaurants, hôtels et "mouleries"...
Prenant la direction de Membre, nous franchissons le troisième col de notre après-midi cyclo-belge.
L'auto-portrait s'imposait, aucun quidam ne se promenant dans les parages.
Le retour vers Orchimont fut assez pénible à cause du brouillard.
En effet, plus nous montions et plus il était épais... Et Laurence était également inquiète car je lui avais promis un nouveau col au village de Conrad. Mais ici de col point !
Des pistes de ski, oui ! mais pas de neige : du brouillard ! Mais enfin, quelques décamètres plus loin...
... le col de Conrad apparaît : OUF ! Nous ne sommes pas montés pour rien.
Quelques hectomètres plus loin, nous pouvons même nous offrir le cinquième col de la journée. La chasse au col a été bonne !

Une longue descente nous ramène vers Orchimont.
Nous passons devant la chapelle de Flâchis qui fut érigée voici 60 ans environ en souvenir des maquis qui se battirent contre les nazis sur ces terres belges...
Il ne nous reste alors qu'une bonne grimpette pour regagner notre auberge.
(A suivre : Ardenne (2) : l'étape française)